La permaindustrieS’inspirer du vivant pour produire autrement
Comment continuer à produire dans un monde aux ressources limitées ?
Face au changement climatique, à l’épuisement des ressources, aux fragilités des chaînes d’approvisionnement et à la place de l’humain dans nos industries, cette question pousse les entreprises à repenser leurs façons de produire.
Parmi les pistes explorées, une approche propose de regarder… du côté du vivant : la permaindustrie.
Comment continuer à produire dans un monde aux ressources limitées ?
Face au changement climatique, à l’épuisement des ressources, aux fragilités des chaînes d’approvisionnement et à la place de l’humain dans nos industries, cette question pousse les entreprises à repenser leurs façons de produire.
Parmi les pistes explorées, une approche propose de regarder… du côté du vivant : la permaindustrie.
Et si l’industrie fonctionnait davantage comme un écosystème ?
La permaindustrie s’inspire des relations d’interdépendances présentes dans les écosystèmes naturels, à la manière de la permaculture. L’industrie consciente de ses limites et de celles des ressources qu’elle utilise, est alors plus sobre, plus résiliente et plus adaptable. L’adaptabilité, facteur de survie des espèces, est conditionnée aux connexions de tout un réseau de co-dépendances des systèmes, allant au-delà de l’économie circulaire dans sa dimension forte.
Ainsi, le rapprochement avec le vivant s’effectue selon six grands principes :
- Créer, produire : questionner ce que l’on produit, de quelle manière et pour quels besoins.
- S’interconnecter : tisser des liens au profit du bien commun, en rassemblant autour d’une vision systémique de la société et du vivant.
- S’adapter au terrain : Relocaliser pour la souveraineté des filières et renforcer l’ancrage territorial par la coopération.
- Être circulaire: réduire les déchets, réemployer, réparer, recycler pour limiter les impacts sur la biosphère. Accompagner la circularité des savoirs et des bonnes pratiques.
- Cultiver la diversité: favoriser l’intelligence collective, la diversité des ressources et les interconnexions.
- Se limiter, être sobre: réduire la pression sur les écosystèmes naturels par la réduction de matières vierges et s’engager dans l’atténuation et l’adaptation.
Du modèle linéaire au modèle circulaire
La permaindustrie prouve que le modèle linéaire traditionnel (Extraire → produire → consommer → jeter) peut être remplacé par la circularité en intégrant à chaque étape de la chaîne de valeur des acteurs qui réutilisent, réparent, réemploient, remanufacturent et recyclent : Ressources → production → usages → réemploi / réparation / recyclage → nouvelles ressources.
Cette boucle permacirculaire fait la promesse d’une industrie respectueuse des limites planétaires et de chaque humain qui la compose. Mais comment cette promesse se matérialise-t-elle ?
Un exemple : la filière textile
Le secteur Textile est représentatif de nos sociétés d’économie linéaire. Plutôt que de regarder séparément la production des matières, la fabrication, la distribution, l’usage et la fin de vie des vêtements, la permaindustrie invite à repenser chaque étape de cette chaîne de valeur.
C’est notamment l’objet des travaux de recherche menés par Lisa Ménard, doctorante au laboratoire Coactis et au sein de la Chaire Transition Durable. Sa thèse CIFRE au plus près du terrain, en partenariat avec Les Tissages de Charlieu, s’intéresse à la permaindustrie comme modèle de résilience et de circularité dans la filière textile. L’enjeu est de comprendre ce qu’est une permaindustrie empiriquement à travers plusieurs niveaux d’analyse (macro, méso, micro), ce que représente un modèle qui se soucie des générations futures et comment il se met en place dans un monde limité, fluctuant et volatil.
Qu’est-ce qu’une entreprise performante dans un monde aux ressources limitées ?
C’est précisément ce qu’interroge la permaindustrie au-delà de l’économie circulaire forte. Elle ne fournit pas une recette toute faite. Elle constitue plutôt une grille de lecture pour repenser les modèles industriels selon les contraintes de chaque filière, de chaque territoire et de leurs interdépendances.
A RETENIR:
-La permaindustrie invite à passer d’une logique de production linéaire à une logique d’interdépendances
-L'objectif est de réduire la dépendance aux ressources vierges, repenser les coopérations, façonner les modes de gouvernance en faveur du bien commun.
-Une manière de produire qui consiste à respecter la définition du développement durable





